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Comment habiter la France de demain ?

Le modèle du pavillon avec jardin a du plomb dans l’aile. Si les chiffres de la construction neuve se portent bien, ce modèle immobilier aurait des conséquences négatives sur l’environnement tant sur le plan de l’artificialisation des sols que de l’impact environnemental. Quels seront les modèles de construction de demain ? Comment imaginer la ville autrement ? Éléments de réponse.

En février 2021, le Gouvernement lançait sa démarche “Habiter la France de demain” pour accompagner les projets vertueux et valoriser de nouvelles solutions en réponse aux défis de la ville et des territoires. Dans ce cadre, une consultation citoyenne a été menée dont la restitution s’est tenue en octobre 2021. Les mots de la ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, résonnent encore dans les esprits de certains tant ils bousculent nos idéaux et aspirations individuelles : “Le modèle à l’ancienne du pavillon avec jardin dont on peut faire le tour n’est plus soutenable et nous mène à une impasse (...). Nous devons accepter de passer tous ensemble au modèle d’après.”

Un modèle de progression de la ville en cause

Si les propos peuvent choquer, ils s’inscrivent pourtant dans un contexte d’étalement urbain croissant qui grignote chaque jour davantage des terres agricoles. Il s’agit du phénomène de l’artificialisation des sols. Chaque année, entre 2009 et 2017, 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont changé d’usage. 68 % d’entre eux ont été transformés pour de l’habitat*. Il faut dire qu'au-delà de l’emprise au sol de la maison, c’est tout une infrastructure qu’il faut envisager - des réseaux d’électricité, d’eau et de ramassage des ordures ménagères -, sans compter des trajets en voiture. Bref, “c’est un mode de fabrication de la ville qui est en contradiction avec les enjeux de notre siècle" rappelle l’urbaniste Sébastien Grisot. Mais comment rompre avec cette ère de l'industrialisation pavillonnaire alors que l’achat d’une maison reculée des villes reste bien souvent la seule solution pour les Français aux revenus modestes ?

Réhabiliter les logements vacants

Selon l’Insee, la France compterait 3 millions de logements vacants, soit 8,3 % du parc immobilier. Mais ces logements vacants ne se situent pas forcément dans des zones recherchées ou ne répondent pas nécessairement aux surfaces convoitées. Certaines villes ont pris le sujet à bras le corps pour trouver des solutions à la vacance des logements dans les centres-villes. Comme par exemple à Lille où La Fabrique des quartiers s'attaque au sujet accompagnant les familles en désaccord sur l’entretien d’un bien immobilier hérité, ou bien en rénovant des habitats désaffectés… Des projets longs mais qui restent moins coûteux en termes environnementaux que de construire de nouveaux logements. Une autre piste pourrait être de taxer les logements vides pour inciter leur propriétaire à les vendre ou les mettre en location.

Densifier les espaces urbains

La densification des espaces fait partie des solutions avancées par les urbanistes. Mais bien souvent, les nouveaux programmes soulèvent des levées de boucliers de la part des populations locales. Personne ne veut d’une tour de douze étages à côté de chez soi. Pourtant, des projets existent pour améliorer le logement collectif avec une meilleure isolation sonore, une hauteur des plafonds augmentée, une exposition au soleil bien pensée… Encore faut-il leur donner de l’attractivité. Certaines associations imaginent la densification autrement. C’est le cas de Villes Vivantes qui encourage les propriétaires de jardins à faire construire une maison, aménager un rez-de-chaussée, louer un étage… Des micro-projets qui apportent des réponses innovantes. Tout comme les habitats participatifs groupés où, dans un même immeuble, les occupants disposent à la fois de leur appartement privatif et d’espaces communs partagés comme une buanderie, une salle de réception, un jardin. Des hameaux "légers" avec moins d’impact sur le sol.

Habiter la France de demain relèvera d’un savant arbitrage entre l’ancien à rénover et le nouveau bien pensé au bon endroit, avec des bons matériaux et correspondant aux réels besoins des Français. C’est toute une filière de construction de la ville sur la ville à construire. Et une politique publique à envisager. Aujourd’hui, les incitations fiscales encouragent davantage la construction neuve ce qui semble incohérent avec les objectifs écologiques. Selon l'urbaniste Sébastien Grisot, il reste 20 % à construire de la ville de 2050.

 

* Source : Cerema

 

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